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Le Comité Poétique est composé de quatre lecteurs anonymes. Il a simplement l'ambition de traverser la Pangée poétique avant le grand saut. Il est à l'écoute de la multiplicité des voix et surtout et avant tout attentif au talent.Depuis peu, les propositions spontanées sont les bienvenues. Alors, nous vous attendons !


Christine Bloyet : inédit.

Publié par Le Comité Poétique sur 30 Octobre 2014, 17:45pm

Catégories : #Poésie avec Christine Bloyet

quand le germe têtu de ma survie apparaît sur la crête petite lune infatigable

pupille aveugle

bourgeon pétri de gel

imputrescible

*

 

quand ma révolte d’encre strie la nuit de schiste

ses dunes

inattaquables

*

 

je fonds

dans le replis je coule de ta blessure

blessée de toi

te déchire

dans

la saison de glace

je porte toujours une jolie robe mes plaies

inconnaissables

*

 

douleur insécable

de l’outre temps loutre je suis

outre

 

j’abolis même

la distance

 

qui nous répare

*

 

l’étrangeté de mon être répandue sur le sol

je marche sur moi même

je

m’enfonce

 

calcification souterraine d’un

renoncement

 

œuf

d’une ardeur méconnue croissant

à l’inverse

 

dans

mes yeux de fougères

de puits sans fond

de caillots

*

 

 

 

avec l’inavouable secret des cendres quand le poème du corps s’effrite sur le pas de la porte où je crie

le cri

qui ne vient pas

inaudible serment sarment d’un foyer où j’alimente la torche de ma survie la torche

de mon bras coupé poursuivant

seul

*

 

foyer de braises où je réchauffe mes mains de sans

de sans famille de sang

abreuvant les champs de foire et de bataille

récoltant le temps qui passe passe en un tour de main demain poursuivant le labour

avec les bœufs leurs gros naseaux

et leur haleine

on

respire fort

*

 

sur

vivre vivre collé au sol avec la grande question qui frappe

là où se précipite la tête

dure

du moment

 

l’intraitable tête

écrasée

du clou scellant la grande boite

*

 

alors que l’on aime par-dessus tout les arbres et leur feuillage levé dans l’air les arbres dressés

qui n’ont pas

peur

et le vent faut-il le suivre

admirer la dorure d’un astre qui toujours

disparaît

*

 

vie de chevilles

brisées

 

alors que l’on aime par-dessus tout la légère si légère

légèreté

des

phalènes

*

 

 

 

vie de laine

mouillée

de peau

de chagrin distendue au gré des grosses pluies

*

 

vivre

vivre au-dessus à la hauteur de soi grimper l’échelle qui nous mesure et nous transporte jusqu’au

faîte où se balance la tête des grands

arbres

et notre démesure

*

 

dire avec des mots

de feuilles bruissantes ce qui vient revient le même

jamais le même

toujours

*

 

avec ces mots pressés et lents de tempes infatigables de profusions graves et nues de récoltes

pauvres et d’

extrêmes

 

mots de sang rouge mots de descente

du fleuve vers

l’incessante

plaie

*

 

dans la proximité des routes se perdre

par des voies

à peine

remontées à la surface suivre le parcours de ses vaisseaux

sanguins

circulant vers l’

incessante destination

*

 

alors que

prise prisonnière prise

dans l’

ornière

*

 

 

Poèmes extraits d’un ensemble inédit intitulé pré histoire.

Christine Bloyet : inédit.
Christine Bloyet : inédit.

Christine Bloyet a publié deux recueils aux éditions Henry : "Étreinte" et "pas même une brindille".
Des textes en revue : Verso, N4728, Cabaret, Incertain Regard, Terre à ciel.

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