Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

LES MOTS PLUS  HAUTS.over-blog.com

LES MOTS PLUS HAUTS.over-blog.com

Le Comité Poétique est composé de quatre lecteurs anonymes. Il partage ses coups de cœur avec vous.


Cécile A. Holdban : POÈMES D’APRÈS, LA ROUTE DE SEL

Publié par Le Comité Poétique sur 2 Mai 2016, 16:00pm

Catégories : #Poésie avec Cécile A. Holdban

 

 

 

 

 

Une prière aux arbres

 

 

 

 

Nitrophiles, pionniers, xérophiles, sciaphiles, héliophiles,

feuilles persistantes, feuilles caduques, pennées, glabres,

   mucronées,

dentées, distiques, fasciculées, paripennées, lobées,

marcescentes, tomenteuses, verticillées

 

Aubier, souche, sève, écorce, pousses ligneuses, bourgeons,

   pétioles,

aiguilles, tiges, segments, arêtes, résine, drageons,

racines, radicelles, rhizomes, palmes, nervures,

limbes, stipules, nectaires, akènes, chatons, noix, bogues

 

Corymbes, cupules, drupes, pétales, inflorescences, bractées,

   ombelles,

houppier, flèches, hampes, rameaux, branches,

brindilles, sarments, pampres, ramée, canopée,

spores, stèles, stigmates, semences, frondaisons du vent !

 

Murmurez, bénissez, soyez nos étoiles sur terre,

versez le ciel, répandez les pluies sur nos têtes,

enlacez-nous dans vos feuillages, abritez-nous dans vos cellules,

faites-nous naître du bois des arbres.

 

 

 

 

 

A Philippe Jaccottet

 

 

 

Il y a dans le paysage de midi quelque chose de figé qui

   pourtant tremble,

un paysage portant moins loin le regard que l'offrande d'un

   oui

et des dons passe-murailles d'une solitude à l'autre

les paysages de midi dorment car le monde se retourne

   sans cesse

creusant toujours plus de vide autour,

renversant les rayons de la roue jusqu'à épuiser l'idée même

   du mouvement

la foule qui se dresse à midi s'évanouit comme absorbée

par la brutalité du jour où on l'a jetée.

 

C'est pour cela que les nuits sont horizontales

que la vie s'y déverse et bouillonne invisible

dans sa respiration

son léger battement

pour que l'on ne pèse dans le pouls de la nuit

que le poids de notre ombre.

 

 

 

 

 

                                                                 Extraits de Poèmes d'après.

 

 

 

 

 

Une tour jaillit

derrière le talus

je la vois s'élever

parmi les pissenlits

une pointe de sang

a grandi dans mon œil

le soleil est trop grand

il noie l'herbe courbée

les linceuls des fées

et leurs milliers de gouttes

dans chacune, un arc

comme une aile se déploie

atteignant les nuages

et mon corps qui devient

si petit, minuscule

et du haut de ces arcs

je plonge vers la tour.

 

 

 

 

 

 

Vers l’œil,

une route de sel resplendit

jonchée de feuilles

le cerisier est nu.

 

Au ciel si las, si bleu

montent des rêves qui fument,

s'évanouissent

 

nos enfants sont partis

pourchasser de lointaines étoiles

nous nous sommes réveillés

dans nos lits refroidis.

 

La jeunesse est ardente

elle se nourrit de soleils

et son sang est rapide.

 

Ici c'est l'hiver

où éclate un silence

mouillé de nuit.

 

Ô ce temps qui sombre nous lie

à cette lumière

l'innocent passage.

 

 

 

 

                                                            In La route de sel (Poèmes pour Emilia), Arfuyen, avril 2016.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Cécile 04/05/2016 16:12

merci pour cette présentation, et ces extraits, j'en suis très touchée...

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents