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Le Comité Poétique est composé de quatre lecteurs anonymes. Il a simplement l'ambition de traverser la Pangée poétique avant le grand saut. Il est à l'écoute de la multiplicité des voix et surtout et avant tout attentif au talent.Depuis peu, les propositions spontanées sont les bienvenues. Alors, nous vous attendons !


Fabrice Farre : LOIN LE SEUIL

Publié par Le Comité Poétique sur 1 Janvier 2017, 19:45pm

Catégories : #Poésie avec Fabrice Farre

 



 

« (…)...je crois que nous n'avons jamais été là

rien de tout cela ici ne s'est probablement passé ».

 

Al Berto, L'oubli dans le Yucatán, L'Escampette, 2003.

(Traduction de M. Chandeigne et A. Witkowski).


 


 


 

Au lecteur...


 

Notice

 

Dans les boîtes sont rangées

quelques affaires qui ont fait

la vie de quelqu’un. En déplaçant

l’un des objets, le temps est continu.

Dans le temps bouleversé, la boîte

semble peu à peu vide. Il faudra

un long moment pour reconsidérer

qu’une fois les outils rangés

quelqu’un leur aura trouvé le secret

qui aide à disparaître.

 

 

 

 

Char

 

Sous la roue les cailloux sont chassés.

On a la peine qui est donnée aux bêtes de somme.

La ligne d'horizon peu à peu se resserre

autour de l'habitude, la linéarité se prend

aux rayons : le destin se défait.

Le char verse dans le creux aux abords,

essaimant les perles gagnées comme le verre le plus ordinaire.


A travers la matière, nous avons d'étranges formes.

 

 

 

 

Rues

 

Les rues noires et les frontons

des fenêtres, brillant vainement

comme une pierre de gloire,

je marche, distancié par mon ombre

qui touche aux poteaux longilignes

sous lesquels peine le réel.

J’avance, avec ton visage à l’esprit

et le sol est plus dur. Le teint blafard

du quartier proche ne me traversera pas.

Je vais chercher la lumière que la nuit détient :

ce sont les paroles que je ne prononce pas

et je crois que je frôle ta joue toute proche.

 

 

 

Adjectif

 

Le matin tourne en boule

et l'été touche à l'automne

dans nos peignoirs sans motifs,

à neuf heures moins le quart.

Le café ne se sucre pas,

la cuiller tinte, l'alarme

intime nos regards.

C'est en heures que nous

nous connaissons. En année,

nous serions des graines dans le vent. Sur

le bord de la tasse, le café trace un serpent :

il glisse quand remonte la pomme d'Adam.

C'est un matin privé d'adjectif.

 

 

 

Poèmes pp. 20, 26, 31 et 76, Editions La Crypte, janvier 2017 (Poeysages : Anael Chadli).

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