Top articles
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Cédric Bernard, poèmes
© Les photos sont de Cédric Bernard. Le travers des choses on ne voit plus les choses à les regarder chaque jour on ne voit plus les choses qu'à travers on ne voit plus les choses que de travers à travers leurs plis on ne voit même plus les replis on...
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Brigitte Giraud : inédit.
Passage Dans le passage, le temps de la vie et le poids du temps nous ligotent. Kidnapping dans une fissure. Par instant, on voudrait éteindre le ciel, ne garder qu'une lanterne, en tamis de quelques mots. Et une cigarette. Tu te souviens que tu avances...
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Nicolas Bouvier
Love song I Un peu de gris, un peu de pluie et c'en est déjà presque trop il faut chanter si bas pour t'endormir Circé au bord des larmes frêle et fragile comme tu l'es parfois je me demande d'où te viennent ces larges richesses d'ombre et dans quels...
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Valérie Canat de Chizy
Valérie Canat de Chizy vit et travaille à Lyon. Elle collabore à la revue Verso et au site de poésie contemporaine Terre à ciel. Depuis 2006, elle a publié une dizaine de recueils, dont « Entre le verre et la menthe » (2008) et « Pieuvre » (2011) chez...
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Claire Krähenbühl
I Elle chassa l’abeille ou la guêpe s’effondra devant la porte c’était un clou dans le cœur Elle crut que c’était l’ange sans ailes pas la mort la nuit tomba sur ses yeux Qui a mis en terre avec elle sa guimpe sa voilette noire à mouches velues ses ombrelles...
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Cesare Pavese : "Trahison".
Ce matin, je ne suis plus tout seul. Une femme nouvelle est couchée sur le fond et pèse sur la proue de ma barque, qui avance avec peine sur l'eau calme encore trouble et glacée du sommeil de la nuit. Je suis sorti du Pô tumultueux où résonnent au soleil...
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Jean-Jacques Nuel : LIGNES DE VIE
CHANTIER MOBILE Voici deux ans déjà que nous avons été recrutés, mon frère Alex et moi, pour la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre l’Occident et l’Orient. Les premières semaines, nous étions employés à couler du béton et poser...
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Thierry Roquet
Mon nom est personne, comme tout le monde Avant de faire cow-boy ici je n’étais rien pas grand-chose en tout cas un employé sans envergure un salarié sans ambition un chômeur au bout du rouleau un atome perdu dans cette immensité sans but je vous l’assure...
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Fabrice Farre : extraits de LA FIGURE DES CHOSES
Note : ces cinq textes présentés ci-dessous ont paru, pour la première fois, dans la revue en ligne "Ce qui reste", de Vincent Motard-Avargues. 1. J’ai retrouvé ta maison, l’épi d’ombre dans le vestibule, ce que je ne saurai jamais dire des objets perdus...
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Marie-Josée Desvignes : DE L'OMBRE A LA LUMIÈRE (extraits)
(finaliste bourse Gina Chenouard, SGDL) page 16 : Passer l’angoisse - l’insomnie de trop d’heures à creuser le silence - les mots effleurés, tu as - repris ton âme au diable - retrouvé une nouvelle fois l’illusion d'une fin des tourments Pour seul horizon...
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Orhan Veli
La pente Si dans l'au-delà, le soir, A l'heure de la fermeture de l'usine, Le chemin qui nous ramènera à la maison N'est pas aussi raide que celui-ci, C'est que la mort n'est pas une si mauvaise chose. Le pêcheur sicilien Un jour dans cent ans Plus personne...
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KIKI DIMOULA
Le Peu du Monde, Poésie/Gallimard, pp.19-21, 2010. Traduit du grec par Michel Volkovitch Because those wings are no longer wings to fly T.S ELIOT Passée Je marche et la nuit tombe. Je décide et la nuit tombe. Non, je n’ai pas de chagrin. J’ai été curieuse...
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Emmanuel Merle
1. Le chien de Goya n'aboie plus, son maître est sourd. Ne plus entendre – le son est noir – le cri du chien, c'est renoncer à prononcer l'espoir. L'aboi s'est dissous dans le brun, il colore le tableau, et le ciel est aux abois sombres de la nuée. Sur...
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Rodrigue Lavallé : inédit.
5 août, 11h30 Elle silencieux silencieux de tant de temps miné travaille la mort c'est elle dans sa bouche quand choses délitées se dilataient les mots hachés menus foudroie foudroie le jour d'avant demain (au rendez-vous secret d'une nécrose bleue) la...
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Christine Bloyet : inédit.
quand le germe têtu de ma survie apparaît sur la crête petite lune infatigable pupille aveugle bourgeon pétri de gel imputrescible * quand ma révolte d’encre strie la nuit de schiste ses dunes inattaquables * je fonds dans le replis je coule de ta blessure...
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Eric Simon
Le temps mégissier Mais d'une seule voix atteindre le sort du pur Ou le désordre rejoué dans les courbes Les menuets du style la forme sans l'essai On annule le glas la monotonie des roues Quand hésite le discours Cette vague soudaine pour appeler le...
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Samuel Dudouit : extrait de « Pauses méridiennes ».
Le réveil, singulier, dessine une nouvelle nuit on a perdu une écharpe dans un champ une plage de couvertures déroule son estran dans le silence du soir le bruit des autos monte de la rue comme une lettre renvoyée ou des pieds nus dans le noir ** le rideau...
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Raymond Carver
AUTOMNE Ce jardin plein des voitures usagées du proprio ne me dérange pas. Le proprio lui-même n'est pas dérangeant. Il reste courbé toute la journée au-dessus d'un porte-pièces, ou bien enveloppé par la flamme bleue de la lampe à souder. Il fait attention...
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Vladimir Maïakovski
IMPOSSIBLE Seul je ne pourrais pas porter un piano (d'autant plus un coffre-fort). Mais le cœur ni armoire, ni piano, comment le porterais-je, l'ayant repris. Les banquiers le savent. « Nous sommes riches sans limites, quand les poches ne suffisent plus...
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Martino Baldi : « Apocalisse estiva/Apocalypse d'été ».
Note importante : la préface et l'excellente traduction du recueil sont de Valérie Brantôme. Sono rimasto solo adesso nella casa che è sempre stata tua. Rispetto i ritmi diventati comuni per lunga e lenta conquista. Spalanco le finestre poco dopo il tramonto...
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Patrice Maltaverne : « Rodange ».
Quelle drôle de femme. Au choix maigre blonde ou grosse brune. Son corps ne compte pas. Elle se déplace en tôle et ses clignotants reçoivent la concurrence d’enseignes agrip- pées en bordure des stations services. Dans le flot général des moteurs il se...
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Jean Le Boël : des extraits de CLÔTURES (Editions Henry, 2014).
vieille menue cramponnée aux gestes qui lui restent si digne si fragile aussi tout devenu lourd si hautes les marches si dure la clenche de la porte son regard erre dans le carré de légumes du bout de la canne elle écarte le cadavre d’une limace percée...
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Mimy Kinet
Quoi que nous fassions, nous progressons sur le versant d'une autre neige, étranglant de nos mains nos morts trop remuants, scellant dans nos blessures l'indifférence de ce qui exécute notre vie jour après jour. Et nous, nous hésitons entre une fleur...
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Thibault Marthouret : « lune vide ».
Tes grincements de dune s'égrènent, tes ricane- ments haut perchés, ton chant aigre. Tu projettes sur nous ta lumière nourrie d'ignorance, si fière de ne rien savoir de ce que nous amassons, année après année, des rires arrachés au roncier, des touchers...
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MARIE-CLAIRE BANCQUART : extraits de TERRE ÉNERGUMÈNE
Du moins, à l'approche du sol voici répit pour les minutes. Autour de l'aéroport c'est champ libre aux courses des lapins, aux fêtes d'herbes qu'on aperçoit fugitivement, par le hublot la grande aile penche son ombre sur cette zone clôturée. Sur elle...