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LES MOTS PLUS  HAUTS.over-blog.com

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Le Comité Poétique est composé de quatre lecteurs anonymes. Il a simplement l'ambition de traverser la Pangée poétique avant le grand saut. Il est à l'écoute de la multiplicité des voix et surtout et avant tout attentif au talent.Depuis peu, les propositions spontanées sont les bienvenues. Alors, nous vous attendons !


Jean Le Boël : des extraits de CLÔTURES (Editions Henry, 2014).

Publié par Le Petit Comité sur 15 Septembre 2014, 20:15pm

Catégories : #Poésie avec Jean Le Boël

vieille menue

cramponnée aux gestes qui lui restent

si digne si fragile aussi

tout devenu lourd

si hautes les marches

si dure la clenche de la porte

son regard erre dans le carré de légumes

du bout de la canne elle écarte

le cadavre d’une limace

percée d’une baguette féroce

 

*

 

 

la nuit des arbres leur obscure patience

est-il rien qui puisse les dire

comme ils étendent leur caresse jalouse

comme ils se dénudent

mains griffues cramponnées à leur ombre à leur soif

emportés au partage de la lumière

prisonniers pourtant

étrangers que le vent chiffonne

aveugles qui parfois trébuchent

et guette la mort tendre

compagne au pli de l’écorce

 

*

 

 

du poète ne disons rien

humanité à toute autre semblable

paroles pauvres

n’était le chant

qui à les entendre

en nous s’élève

 

*

 

 

il est assis sur le banc

à côté de la porte on ne sait

s’il regarde ou si le paysage

est seulement là obscur devant

ses yeux gris si pâles si doux

si vides

il est posé sur le seuil

et ses pas ne le conduiront plus

ni au champ semé ni au verger

il est offert à la poussière et au vent

il ignore le soleil

il retient son souffle à entendre

mourir en lui des voix qui s’éloignent

 

*

 

 

ce lien que nous étions

le vent l’emporte

nous aurons été un regard

clôturant la lumière

un souffle trop court

îlot de vie dérisoire

 

instant donné pourtant

nous aurons aveugles lu notre chemin

et dans la prison de nos corps

reçu le livre de tous les destins

 vignette de couverture du Paysage immobile, d'Isabelle Clement  : "contempler chaque matin / le paysage immobile / comme il est / fourmillant de vie / y tenir sa place / et ne pas fuir plus loin".

vignette de couverture du Paysage immobile, d'Isabelle Clement : "contempler chaque matin / le paysage immobile / comme il est / fourmillant de vie / y tenir sa place / et ne pas fuir plus loin".

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